Nous quittons les sourires des élèves du PLC pour partir à l’aventure. Première étape : Varanasi, la ville sacrée de l’hindouisme. On fait les présentations ?

Varanasi c’est… le fleuve sacré, les ghats ensoleilés, les maisons hautes, les ruelles étroites, les vaches sacrées, les odeurs d’encens, la poussière étouffante. Varansi ne se visite pas, elle se ressent. D’ailleurs la plupart des monuments sont interdits au public et les temples proscrits aux non-hindous. Il reste la rue, les ghats et la grandeur de la ville à interpréter. Un spectacle à ciel ouvert.


« Il y a des villes, telles que Bénarès, encore tellement imprégnées de prières, malgré l’invasion du doute moderne, que l’on y est plus qu’ailleurs libéré d’entraves charnelles, et plus près de l’infini.”

Pierre Loti, écrivain français

Chaque jour, cette ville mystique attire des milliers de pèlerins. Et pourtant, après l’euphorie de Calcutta, elle nous semble bien calme. La spiritualité se ressent à chaque coin de rue. La ferveur sacrée indienne qui est ici à son apogée. L‘aventure (re)commença, sous un nouvel ange, et on a été absorbées directement par les charmes de la ville. Entre voyageurs de la cité, il se dit souvent que l’on ne quitte jamais Varanasi intact, on perd ou gagne toujours une parcelle de son âme

Scène de vie matinale au bord du Gange

La ville où l’on meurt

Varanasi est considérée comme l’unes des villes les plus anciennement habitée du monde. Située au centre de la vallée du Gange, sa région est très fertile et favorable à la riziculture. La ville est également connue pour sa soierie. Mais elle est surtout l’une des sept villes sacrées de l’hindouisme.

VARANASI
Infogram

Célèbre pour ses ghats, berges recouvertes de marches de pierres qui permettent de descendre au contact de l’eau, les hindous s’y rendent pour se laver de tous leurs péchés. C’est aussi sur ces ghats qu’a lieu, tous les soirs, les pujas, rite d’offrande et d’adoration. Le plus connu d’entre eux est le ghat Manikarnika des pèlerins s’y rendent pour mourir. Varanasi est le plus gros site de crémation de la croyance hindoue. Se faire incinérer à Varanasi permet de rompre le cycle des réincarnations et ainsi atteindre le nirvana ou le moksha. La ville est le point de rencontre entre le monde physique et spirituel.

Cette croyance ancestrale s’inspire des textes sacrés selon lesquels le feu aide l’âme à s’élever. C’est pour ceci que des millions d’hindous de toute l’Inde se rendent à Varanasi pour faire brûler leurs morts. Il est donc courant de tomber nez à nez avec un cortège funèbre entre les étroites rues de la ville. Les corps défunts sont enveloppés dans des tissus dont la couleur varie selon le sexe et la caste de la personne et menés jusqu’à Manikarnika ou Jalsain Ghat où se tiennent des bûchers. Les cendres sont ensuite versées dans le Gange.

1001 temples

Si la ferveur qui plane le long du fleuve est exceptionnelle, la spiritualité se ressent également à Varanasi à tous les coins de rues. Pour cause : des temples sont parsemés de partout dans la ville. Petits, grands, colorés, sobres, surchargés, simples… Des champs de prières s’échappent des ouvertes des murs.

La ville sainte attire également beaucoup de sâdhus, des ascètes qui ont tout sacrifié pour les dieux et la médiation et qui vivent de la charité. Ils sont souvent vêtus en orange, avec des colliers mallas, des symboles religieux sont dessinés sur leur corps, ils ont les cheveux longs. Dans l’hindouisme, le rejet du monde et la mendicité sont le chemin qui mène à l’absolu.

Le Gange, le fleuve sacré… et pollué

Varanasi est sacrée car elle est travers par le Gange, la rivière sacrée. A savoir que cette « mère Ganga » dans laquelle des millions d’hindous viennent se purifier… c’est aussi le fleuve l’uns des plus sales de monde. A Varanasi la pollution est près de 10 fois supérieure qu’à la normale. Aux rejets de l’industrie et des engrais chimiques, ajoutez les cadavres d’animaux qui suivent le cour d’eau… (Âmes sensibles s’abtenir de lire la suite), sans parler des défunts dont les proches n’avaient pas les moyens de s’acheter assez de bois pour alimenter un bûcher assez conséquent pour brûler l’intégrité du corps… qui est donc offert à la divinité. Mais les croyants hindous vous l’affirmerons… quiconque croit à la pureté du fleuve peut s’y baigner et boire l’eau sans aucun risque.

Vous vous voulez vivre les pujas noctures ? C’est !
Un portrait photographique de la ville ? C’est ici.