À la découverte de l’institut Norbulingka, centre culturel tibétain.

Dernière étape touristique de notre voyage : l’institut Norbulingka. Situé en contrebas de Dharamsala, ce centre culturel a pour vocation de préserver l’héritage tibétain et perpétuer sa pratique. Derrière ses murs colorés se cache un écrin de la culture tibétaine et un endroit qui regorge de symbolisme.

La veille, alors que nous déambulions dans les rues de la ville, nous avons rencontré une commerçante belge en quête spirituelle à Dharamsala. Au fil de la conversation, elle devient rapidement notre guide. « Trois jours, c’est si peu ! » s’écrit-elle avec un accent belge anglicisé à l’indienne.  Elle nous griffonne un plan sur un bout de papier, nous conseille les meilleurs cafés de la ville et nous offre une photo de « his Holiness », le Dalaï-Lama. Elle a l’air de si bien connaître la ville.

Dharamsala semble être un véritable havre de paix pour elle. Elle y habite depuis des années et y cherche « l’éveil bouddhiste ». « Ce qui me rassure, c’est que si je ne le trouve pas dans cette vie, je pourrais le trouver dans la prochaine ! C’est le point positif de la réincarnation bouddhiste ! » plaisante-t-elle. Pour elle, il ne fait aucun doute : nous devons nous rendre à l’institut Norbulingka. « Si Dharamsala c’est une pocket du Tibet, Norbulingka c’est LE Tibet dans toute sa splendeur !  » Nous faisons confiance à son enthousiasme, après tout les meilleurs conseils viennent des locals !  Notre dernière excursion est alors prévue : en route pour l’institut Norulingka.

Atmosphère tibétaine 

Niché en retrait d’un petit hameau du Lower Dharamsala, l’institut Norbulingka est dominé par les montagnes. Derrière les bras de nuages, on y aperçoit les pics des montagnes pré-himalayennes qui semblent protéger ce petit cocon sacré. On entre dans le centre par une large porte de bois décorée de vives couleurs. Soudainement, le temps semble se suspendre. Tout est calme. On entend seulement le vent s’infiltrer entre les drapeaux de prières tibétaines suspendus aux arbres. Pour les bouddhistes tibétains, le vent qui souffle caresse les formules sacrées imprimées, et les disperse afin de les transmettre aux dieux et à tous ceux qu’elles touchent dans leurs courses. Le centre semble en être empli.

La nature est omniprésente. De grands arbres ombragent les terrasses et de petites rivières sillonnent le parcours des visiteurs. Toute construction que l’homme a apportée est éclatante. Les Tibétains ont dans leur culture une symbolique très forte des couleurs. Leurs cinq couleurs principales viennent des cinq Bouddhas de la sagesse : le blanc pour la pureté, le savoir et la longévité – le bleu pour la guérison, le calme et la tranquillité – le vert pour l’équilibre, l’harmonie et la nature, le jaune pour l’humilité et la renonciation et le rouge pour la sagesse, le bien-être et la dignité. Dans le Bouddhisme tibétain, le rouge est également la marque d’un espace consacré. À Norbulingka un rouge vif et éclatant est omniprésent, contrastant avec le vert naturel ambiant.

L’histoire de Norbulingka

Le centre fut créé en 1985 par Kim Yeshi, une anthropologue franco-américaine, et son mari Kalsang Yeshi, ancien moine et Premier ministre du gouvernement tibétain en exil. Aujourd’hui, il héberge plus de 300 artisans. Peinture, sculpture sur bois, art des métaux, création de statues : toutes les coutumes traditionnelles tibétaines y sont présentes. Outre l’hôtel et le restaurant pour satisfaire les touristes, on trouve dans son enceinte un département d’études religieuses et littéraires. Ce dernier travaille notamment sur la biographie du 14ème dalaï-lama en langue tibétaine.  L’institut d’études bouddhiques, ouvert depuis septembre 1997, accueille 20 étudiants tous les deux ans. On y enseigne la langue tibétaine, la philosophie bouddhiste ou encore une introduction à l’art et à la culture. L’institut propose également un musée de poupées tibétaines, imaginé et créé par Kim Yeshi elle-même, où de petits personnages sont mis en scènes en costumes traditionnels des différentes régions du Tibet.

Le Deden Tsuglakhang temple

Après avoir traversé un large jardin japonais par de petits sentiers pavés et ornés de verdures, nous voilà devant un petit ponton montant vers l’entrée de l’enceinte d’un temple. Quelques pas plus tard, nous voilà face à un immense temple. Le Deden Tsuglakhang temple.

Le cœur de l’institut. Le bâtiment s’étale aussi bien en longueur que dans les airs avec ses toits chinois qui semblent s’empiler comme une pièce montée. Fait de pierres et de bois, il est lui aussi très coloré et empli de dorures. Au-dessus de son entrée, un large tissu où est tissé le Dharmachakra, la roue du Dharmaqui, représente la doctrine bouddhiste et la diffusion de l’enseignement du Bouddha sur le chemin de l’éveil. Après avoir enlevé nos chaussures pour pénétrer dans son antre, nous faisons face à une immense statue en or : le Bouddha. Majestueusement installé au centre de la pièce, il est encadré par de multiples décorations surchargées. En réalité, le temple regorge de plus de 1 173 images du Bouddha. À l’étage, une grande librairie est en libre accès aux moines bouddhistes et élèves de l’institut.

La vue de l’institut depuis le toit du temple

Nous errons de longues minutes dans ce lieu chargé de significations et visuellement surprenant. Le temple est une véritable œuvre d’art, digne des artistes dont regorge l’institut. Nous déambulons sur les coursives. Nos yeux s’émerveillent devant chaque détail. Aux balcons, nous observons les fidèles bouddhistes prier. À genoux, ils s’allongent à plat ventre devant l’idole en récitant des prières. Nous continuons de monter les escaliers qui nous conduisent sur le toit du temple. Il nous offre une vue remarquable sur l’ensemble de l’institut et la vallée de Dharamsala. C’est magnifique. Nous gravissons encore quelques marches. Soudain, nous comprenons pourquoi aucun touriste n’est à nos côtés : nous venons de dénicher l’appartement mis à disposition du Dalaï-Lama lors de ses visites à Norbulingka. Nous savourons cet instant privilégié. Cet endroit semble si loin de l’Inde brillante et énergique que nous avons découverte jusque là. Il semble encore plus loin de notre petite France que nous rejoindrons d’ici 48 heures.   

Devant les quartiers du Dalaï-lama.
Pour partir dans les hauteurs de Dharamsala c’est !
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