Le Piyali Learning Center a été la raison de notre venue en Inde. Une école, une poignée de femmes formidales et de rêves à n’en plus finir. Pousez la porte de cette association qui agit pour l’Inde de demain.

PACE : le rêve d’une femme

Deepa Biswas Willingham, la mère du Piyali Learning Center, est née à Calcutta. Elle a grandi avec l’omniprésence de l’extrême pauvreté de la ville. Son père et sa mère, un professeur et une humanitaire, lui ont transmis l’importance du respect des valeurs humaines, primants sur les différences de castes, de couleurs de peau, de religions, de genre. L’éducation de la jeune Deepa a débuté sous la tutelle de la femme qui deviendra plus tard Mère Teresa.


Deepa Biswas Willingham

A travers ses années d’études, elle prend conscience du pouvoir de l’éducation. Elle comprend que l’éducation libère, protège et sauve des vies. Elle s’aperçoit que ces personnes privées d’éducation sont les plus vulnérables de la société. En tête de liste : les femmes. Elles qui seront pourtant la clé du changement. La jeune femme poursuit ses études aux Etats-Unis. Elle reviendra quelques années plus tard en Inde, avec une idée en tête : démocratiser l’accès à l’éducation des femmes pour améliorer leur condition et ainsi sortir l’Inde de son extrême pauvreté.

Alors qu’elle pensait fonder une école dans sa ville natale, Calcutta, elle se rend un jour dans le village de Piyali. Là-bas, l’histoire de Joba lui est contée. Joba est une petite fille du village. Elle a été vendue pour 40 dollars. Elle avait 6 ans. Son choix est alors fait, son école naîtra à Piyali. Ce village où « le statut de fille ne vaut rien. »

Le Piyali Learning Center

Les rues de Piyali

Piyali est un village rural en marge de Calcutta. La majorité de sa population vit avec moins d’un dollar par jour. Pour les filles du village l’école n’est même pas une option. Seulement 57% d’entre elles savent lire et écrire. A la place, elles s’occupent des tâches domestiques, subissent injures quotidiennes. Si elles ne sont mariées à l’âge de 15-16 ans, elles disparaissent, englouties à travers les trafics d’enfants qui gangrènent la région. C’est ici que va naître le Piyali Learning Center (PLC), l’école rêvé par Deepa, à travers l’ONG PACE Universal.

Au PLC on offre aux filles du village une formation scolaire complète, des livres, des uniformes, deux repas par jour, un kit d’hygiène et des soins si nécessaire. Des mathématiques jusqu’à la danse, les filles ont la possibilité d’apprendre et d’entreprendre dans un cadre stable et sécurisé. Autres que les matières scolaires, les « life skills », les compétences de la vie quotidienne, le développement social, culturel et nutritionnel y sont également enseignées ; incitant ces jeunes femmes à devenir de véritables leaders de leur communauté.

« A l’école on parle l’anglais, le soir à la maison je l’apprends à ma maman. Maintenant elle sait dire beaucoup de choses ! » nous confie avec grande fierté l’une des écolières de PLC. Instruites, les filles deviennent non plus un handicap mais un atout pour leur famille, qui bénéficie de leur éducation et de leur autonomisation future.

© Laureline Pinjon

Fondé en 2003, le PLC est à présent une école entièrement équipée qui accueille des classes de la maternelle à la terminale. Shanti y est conseillère, elle a connu l’école a ses débuts : « Quand j’ai rejoint PLC, nous n’avions pas de structure durable. Le toit était fait de tôle, le sol était en terre battue. Maintenant nous avons même une salle d’informatique ! Ici, chaque jour est spécial. J’aime tellement mon métier. Je n’ai pas d’enfants, mais elles sont toutes un peu mes filles.  » Car avant tout, PLC est une aventure humaine.

« PACE s’engage à mettre fin au trafic d’enfant, et à élever les communautés vivantes dans l’extrême pauvreté en éduquant les filles et les femmes. »

PAce Universal

Le PLC met également à disposition des élèves les plus sujettes à des dangers la SAFE House. Cette sorte d’internat permanent leur offre un cadre stable et sécurisé afin de mieux étudier. De plus, le centre accueille le programme « Shakti » programme (shakti signifie « force » en bengali). Ces cours hebdomadaires offrent aux femmes illettrées du village des outils pour leur apprendre à lire et écrire. On leur fait également prendre conscience des notions d’hygiène, de nutrition, de sécurité de base, pour leur famille et elle-même.

Eduquer les filles, c’est édifier une société nouvelle

En quinze ans, les mentalités de Piyali commencent à changer. Chatterjee a 28 ans et est maîtresse au PLC. Elle se rappelle : « Durant les vacances, les filles n’ont pas cours durant un mois. Au début, chaque année, après les vacances, quinze filles ne revenaient pas à l’école. Elles avaient été mariées pendant les vacances. A présent, presque toutes reviennent. Elles veulent étudier et réussissent à faire comprendre à leur parents l’importance de leurs études. C’est merveilleux ! » Sa collègue, Sweta Patra, ajoute : « Elles sont la première génération lettrée, ce qui est plus difficile. Mais les choses bougent. Avant nous étions obligées d’aller dans le village, chez les écolières, pour les prendre par la main pour les emmener en cours. A présent les parents comprennent davantage l’importance de l’éducation.  » 

Les aînées du PLC, prêtes à bientôt entrer à la faculté.

Outre que les mentalités, le PLC a métamorphosé le village. Avec divers partenariats, PACE a réussi à fournir au village des points d’accessibilité à l’eau potable ou encore des infrastructures durables. Des microcrédits ont aussi été octroyés à des villageois afin qu’ils puissent entreprendre et apprendre. Ce centre d’apprentissage et devenu le centre d’une nouvelle économie.

La symbolique du lotus : Le lotus est la fleur nationale de l’Inde. Dans certains textes anciens, il symbolise également la renaissance spirituelle. Capable de pousser n’importe où, ses racines prennent terre dans la boue pour offrir une fleur splendide, qui s’épanouie de nouveau à chaque lever du soleil. C’est toute cette symbolique qui a séduit l’équipe de PACE pour en faire son emblème, son logo.

Pour entendre les témoignages des professeures, c’est ici, ceux des élèves là!